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Ecrire avec la lumière.

Histoire de la photographie

histoire de la photographie

Joseph Nicéphore Niepce (1765-1833)

Bourguignon, originaire de Châlon-sur-Saône, ancien officier de la Révolution française retiré à Saint-Loup-de-Varennes, Niepce était le type même du chercheur. Il inventa un moteur à explosion à poudre de lycopade, puis au pétrole (le futur moteur diesel). Il était également passionné de lithographie. Le 5 mai 1816, il écrit à son frère, alors en Angleterre pour essayer de vendre leur moteur, comment il a réalisé la première photographie("Paysage à Saint-Loup-de-Varennes"). Cependant, ce qu'il a obtenu, c'est un négatif et il lui a fallu trois jours de pose! En 1822, il remplace les sels d'argent par du bithume de Judée, un asphalte qui durcit à la lumière, et réussit une image directement positive sur une plaque de verre enduite de cette nouvelle substance. Cette photo "la table mise" n'aura nécessité que 8 heures de pose... Quelques années plus tard, il rencontre Daguerre avec lequel il s'associera en 1829.

première photo de Niepce "Paysage à Saint-Loup-de-Varennes" le 5 mai 1816

Louis Jacques Mandé Daguerre (1789-1851)

Dessinateur, architecte, peintre-décorateur de théâtre qui s'intéressait beaucoup à la lumière, Daguerre eut vent de la découverte de Niepce par une relation commune, l'opticien de renom Jacques Louis Vincent Chevalier, qui les mit en contact. Daguerre écrivit une première lettre à Niepce qui resta sans réponse. il récidiva lui envoyant des dessins et Niepce accepta de le rencontrer car plusieurs personnes lui dirent que c'était un décorateur parisien très connu pour ses recherches sur la lumière (inventeur du Diorama, l'ancêtre du Futuroscope!).

LA DIFFUSION DE L'INVENTION

Les deux hommes s'associent le 14 décembre 1829. Dans le contrat il est précisé : " Joseph-Nicéphore Niepce apporte son invention", " Louis-Jacques-Mandé Daguerre son industrie". Daguerre a de l'argent et il connaît "tout le monde"... ils collaborent par correspondancependant quatre ans, jusqu'à la mort de Niepce, le 5 juillet 1833. Isidore, le fils de Niepce remplacera son père dans l'association. 

Perfectionnant l'invention par le révélateur, Daguerre réussit à réduire le temps de pose de 8 heures à une demi-heure, puis à un quart d'heure. il réalise ainsi en 1839 une photo du boulevard du Temple (Paris) où l'on aperçoit pour la première fois l'image d'une présence humaine : un homme debout, faisant cirer ses chaussures. Autrement le temps depose était trop long pour fixer l'image des voitures et des passants. 

photo daguerre

Homme de relation, Daguerre parlera avec le savant français François Arago (député des Pyrénées-Orientales) qui, comprenant les possibilités futures de cette découverte, proposera au gouvernement français de l'acquérir pour en faire don à l'humanité. Le 7 janvier 1839, Arago fait l'annonce de l'invention à l'Académie des Sciences et la presse internationale s'en fait tout de suite l'écho. Un projet de loi est présenté le 15 juin  1839 à la Chambre des députés. La loi sur la photographie est acceptée avec seulement 4 voix contre, tandis que l'Eglise prend une position hostile. Un journal allemand écrit: "Vouloir fixer de fugitifs reflets..confine au sacrilège. Dieu a créé l'Homme  son image et aucune machine humaine ne peut fixer l'imag de Dieu..." Cependant, le 7 août, Louis-Philippe signe la loi sur la photographie. En échange de leur secret, Daguerre et le fils de Niepce reçoivent chacun une rente à vie. Le 19 août, Daguerre, Isidore Niepce et Arago se rendent à l'Institut de France pour y divulguer les secrets de la photographie. Des savants sont arrivés du monde entier, la foule se presse dans la salle et dehors, jusque sur le quai Conti, noir de monde venu "à cheval, en diligence, en fiacre, en bateau".

Daguerre, souffrant d'un violent mal de gorge, c'est Arago qui improvise la présentation. Chaque phrase est transmise de bouche à oreille! Le texte du compte-rendu de la séance à l'Académie des Sciences se termine par ces mots : "Cette découverte, la France l'a adoptée; dès le premier moment elle s'est montrée fière de pouvoir en doter libéralement le monde entier." Ensuite, pour se faire connaître, Daguerre envoie à tous les souverains un "daguerréotype" (obtenu par un procédé donnant une image positive sur une plaque métallique recouverte d'argent, révélée par des vapeurs de mercure). Ceux-ci admirent, envoient une récompense et présentent la "photo" à leur cour. Chacun commande à Daguerre photos et appareils photos! Un an plus tard, la photo est connue dans le monde entier.

LES PERFECTIONNEMENTS

Fox Talbot (1800-1877), physicien britannique, met au point la photographie avec négatif et sur papier. Son procédé est utilisé par un imprimeur français, Blancard Evrard. Abel Niepce de Saint-Victor, neveu de Niepce, propose d'utiliser la plaque de verre et, comme fixateur, le blanc d'oeuf. 

Scott Archer, met au point en 1851 le procédé de collodion humide. Mais il faut faire la prise de vue et le développement immédiatement, avant que les plaques ne sèchent! On obtient ainsi des négatifs ( à la différence de daguerréotypes) d'obtenir plusieurs exemplaires d'une même photo. Cependant, la manipulation est lourde et contraignante. Il faut emporter avec soi une véritable tente-laboratoire, et le premier Guide Michelin (1900) donnait la liste des hôtels "avec chambre noire"...

labo photo 1869  laboratoire de voyage en 1869. Poids :24 kg. Le photographe devait emporter, en plus de son appareil, une tente étanche à la lumière et tous les produits pour fabriquer ses surfaces sensibles et les développer aussitôt le cliché pris.

A partir d'une idée française, en 1871, en Angleterre, Richard Maddox remplace le collodion par un autre mélange et ouvre la voie à la photographie moderne au "gélatino-bromure d'argent". Cette émulsion permet la fabrication de plaques sèches, prêtes à l'emploi et d'une excellente sensibilité. C'est la naissance de la photographie instantanée.

LA PHOTO POUR TOUS

George Eastman, employé de banque américain, entend parler du procédé à sec. Il part en vacances en Angleterre, et au retour, il construit une usine (1888) à Rochester (Etats-Unis), et sort les premiers appareils Kodak. L'idée est simple : l'appareil est muni d'une pellicule papier de cent poses. Une fois celle-ci terminée, l'utilisateur renvoie appareil et pellicule laissée à l'intérieur, à l'usine qui la développe. L'appareil rechargé avec une nouvelle pellicule est renvoyé au client avec le tirage des photos. La publicité annonçait : "Vous prenez la photo, Kodak fait le reste".

L'ESTHETIQUE

La plupart des photos (97%) sont documentaires. Il y a très peu de photos artistiques qui est un genre qui évolue vers la photo abstraite. La composition a été copiée du travail du peintre. Il faut qu'une photo soit suffisamment claire pour qu'en un coup d'oeil on puisse voir ce qui se passe et en tirer les conséquences. 

De plus en plus on cherche à apporter dans la photo une force qui fait réfléchir. La photo est un moyen; ce qui importe, c'est ce que le photographe, l'être humain, veut communiquer.

Article du mensuel 3ème Civ' n°464, avril 2000.